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Grossesse et fuites urinaires

24 mars 2010

incontinence urinaire grossesse Félicitations pour votre grossesse !  

Mettre au monde un bébé est l'un des évènements les plus saillants de la vie d'une femme. Quel évènement ! Quelle joie ! Quel plaisir !

Hélas, la grossesse n'est pas seulement source de joie mais peut s'accompagner de quelques désagréments. Ainsi, des besoins impérieux d'uriner, une incapacité à retenir l'urine et des fuites urinaires peuvent survenir. Les médecins parlent d'incontinence urinaire. Rassurez-vous, cette incontinence est presque « normale » durant la grossesse puisque plus d'un tiers des femmes s'en plaignent, du moins épisodiquement. Elle n'a donc rien de grave. Mais attention ! Après votre accouchement, il vous faut pratiquer des exercices pour éviter la survenue d'une incontinence urinaire à un stade plus tardif.

Pour vivre au mieux ces fuites urinaires, il est utile d'être bien informée. Ces quelques pages n'ont d'autre ambition que de vous y aider.

Quelles sont les causes de cette incontinence urinaire ?

Durant la grossesse, votre corps subit une série de modifications pour bien accueillir et alimenter le fœtus.

Quelles sont ces modifications ?

L'une des premières conséquences de la grossesse est un accroissement de la quantité d'urine produite par vos reins, ce qui se solde par des envies plus fréquentes d'uriner. S'y ajoute, sous l'influence des hormones féminines, un relâchement général des tissus du petit bassin, qui deviennent plus souples pour accueillir le fœtus.

A mesure que l'utérus se distend avec l'avancement de la grossesse, la pression qu'il exerce sur la vessie s'accroît et vous force à uriner plus souvent, et parfois involontairement, surtout au 3ème trimestre de la grossesse. Ces pertes d'urine peuvent se manifester lors d'un effort, d'une quinte de toux ou d'un éternuement, mais surviennent aussi spontanément. Elles sont néanmoins sans gravité et s'arrêtent après la naissance du bébé, vu que la vessie n'est plus sous pression.

Sollicitations des muscles du plancher pelvien

Par contre, chez certaines femmes, l'incontinence urinaire se poursuit après la grossesse ou réapparait à un stade ultérieur. En effet, au cours de la grossesse, les muscles du plancher pelvien, qui soutiennent la vessie, l'utérus et le rectum, sont très sollicités. En raison du poids grandissant du fœtus, le plancher pelvien est mis à rude épreuve. Or, une fragilité excessive du plancher pelvien peut déboucher sur des fuites urinaires. Sachez que cette incontinence urinaire peut même être associée à une descente d'organe, qui ne fait qu'accentuer l'incontinence urinaire.

Dommages durant l'accouchement

Des dommages causés au moment de l'accouchement ne font qu'aggraver la situation ! Ainsi, le passage du bébé à travers le petit bassin peut endommager les nerfs qui contrôlent le fonctionnement des muscles du plancher pelvien. De même, une épisiotomie ou une extraction du bébé par forceps fragilise ces muscles au même titre que le col de la vessie et l'urètre. Des séquelles sont possibles. Bilan : le soutien du col de la vessie est amoindri, ce qui peut se manifester par des fuites urinaires. Une descente d'organe, aussi appelée prolapsus, est là aussi possible.

Quels sont les facteurs de risque ?

Actuellement, il n'est pas encore possible de prédire quelles femmes vont souffrir d'incontinence urinaire après un accouchement. Toutefois, certains facteurs favorisant l'incontinence après l'accouchement ont pu être identifiés :

  • Le premier accouchement par voie vaginale est celui qui comporte le plus de risques.

  • Le poids du bébé joue un rôle : si votre bébé pèse plus de 4 kg, vos risques sont accrus.

  • La tête de votre bébé a aussi son mot à dire : un périmètre crânien supérieur à 35,5 cm est considéré par les experts comme un facteur de risque.

  • De votre côté, une prise de poids supérieure à 13 kg favorise la survenue d'une incontinence urinaire.

  • Des traumatismes du plancher pelvien durant l'accouchement ou la pratique d'une épisiotomie sont également reconnus comme facteurs favorisants.

Que puis-je faire ?

Si vous souhaitez mettre toutes les chances de votre côté, certaines mesures de prévention sont essentielles :

Faire travailler les muscles du plancher pelvien contribue à réduire les risques de fuites urinaires, à condition que ces exercices soient bien enseignés et effectués fréquemment. Sachez, toutefois, que les résultats ne sont pas imminents et que vous devez continuer à faire ces exercices pendant au moins 3 mois.

Durant ces exercices, vous devez contracter les muscles du plancher pelvien afin de les rééduquer et de les renforcer, ce qui contribue à améliorer le support de la vessie. Sans effets indésirables, ces exercices sont très efficaces. Leur réussite relève entièrement de votre motivation. Vous trouverez un exemple d'exercices très simples ci-dessous :

Contractez les muscles pelviens !

Pour cet exercice, couchez-vous sur le dos, avec les genoux fléchis. Expirez lentement par la bouche et, pendant 10 secondes, serrez au maximum les muscles du plancher pelvien comme si vous deviez retenir vos gaz et vos urines. Ensuite, relâchez les pendant 20 secondes. Répétez cet exercice au moins 10 fois et prévoyez aussi un minimum de trois sessions de travail, chaque jour.

Faites-vous aider par un physiothérapeute !

 Pour ces exercices, les résultats se sont avérés supérieurs en cas de supervision par un physiothérapeute. En principe, plusieurs consultations sont nécessaires, au cours desquelles votre physiothérapeute vous enseigne différents types d'exercices, tout en vérifiant si vous les réalisez correctement. Ces séances de travail vous aident aussi à rester motivée. Or, votre motivation est la clé du succès ! Si vous ne connaissez pas de physiothérapeute, parlez-en à votre médecin traitant qui pourra certainement vous en recommander un.

Protégez votre périnée !

Lorsque vous allez aux toilettes, asseyez-vous sur la lunette des toilettes et placez une chaise sous les pieds de façon que vos genoux soient plus hauts que vos hanches. Lorsque vous poussez, ne bloquez pas votre respiration, mais penchez-vous vers l'avant en entrant le nombril. En parallèle, expirez lentement dans votre poing quasi-fermé. Vous évitez ainsi toute pression excessive sur vos muscles pelviens.

Quelques conseils pratiques

Pour terminer, voici quelques conseils pratiques sur les soins à apporter à votre plancher pelvien.

Suivez les conseils de la sage-femme !

Tout au long de votre grossesse, nous vous recommandons vivement de bien suivre les conseils de la sage-femme ou de tout autre professionnel de la santé qui vous suit. Ils vous indiqueront en détail « les bons gestes » permettant de soulager les excès de pression sur votre plancher pelvien. Ainsi, afin de réduire les risques, il est recommandé de ne pas porter des charges trop lourdes, ce qui exaspère la pression exercée sur votre plancher pelvien, déjà très sollicité par votre grossesse.

Quelques astuces...

Avant de vous lever ou de vous asseoir, contractez les muscles de votre plancher pelvien comme si vous deviez retenir vos gaz et rentrez le nombril. Vos déplacements en seront facilités. Avant de tousser ou d'éternuer, contractez-les aussi. Faites de même si vous devez faire un effort, comme prendre votre bébé dans vos bras. Votre périnée vous le rendra...

Surveillez votre poids !

La prise de poids excessive durant la grossesse favorise la survenue d'une incontinence urinaire ultérieure. En revanche, si la prise de poids est bien contrôlée, vous mettez toutes les chances de votre côté. Attention, il ne s'agit pas de chercher coûte que coûte à limiter la prise de poids : un régime restrictif durant la grossesse vous expose, vous et votre enfant, à des carences. Parlez-en à votre gynécologue ou votre médecin traitant car ils sont là pour vous conseiller. Voici quelques conseils, que vous pouvez dans tous les cas appliquer.

Veillez à une alimentation saine

La constipation favorise les fuites urinaires, en raison de la pression exercée par le gros intestin sur la vessie. Enrichissez votre alimentation en fibres, avec des céréales complètes, des fruits, des pruneaux et du son. Ces fibres forment un gel qui lubrifie les selles et régularise le transit intestinal.

N'oubliez pas de boire beaucoup

Une femme enceinte doit boire au moins un litre et demi de liquide chaque jour. Boire beaucoup et régulièrement permet d'éviter la stase d'urine dans la vessie et diminue le risque d'infection urinaire. Toutefois, mieux vaut limiter les boissons riches en caféine comme le café et le thé : ils risquent d'irriter votre vessie et d'énerver votre bébé. Evitez également les sodas ! Les boissons de ce type contiennent beaucoup de sucres et de calories : elles risquent de vous faire prendre trop de poids. Mieux vaut donc avoir recours à de l'eau ou à des tisanes.

 

Où trouver des solutions ?

Parlez-en à votre pharmacien ou revendeur de matériel médical

Ne restez pas seul. Des solutions de sécurité discrètes et sûres existent. Demandez un échantillon gratuit.

Contactez en toute discrétion le numéro vert : 0800 17 37 57 (appel gratuit depuis un poste fixe)

Le saviez-vous ?

Sujet tabou

Les fuites urinaires sont souvent ressenties comme un handicap humiliant par les femmes qui en souffrent. Nombreuses sont celles qui réduisent leur consommation de boissons pour atténuer le problème. A tort ! Ceci favorise les infections urinaires et l'irritation de la vessie, ce qui ne fait qu'aggraver les fuites urinaires.

Si vous souffrez de fuites urinaires, pendant ou après la grossesse, brisez ce cercle vicieux et parlez-en à votre gynécologue ou à votre médecin traitant ! Des traitements efficaces existent.


Le saviez-vous ?

Grossesse et sport

Le sport n'est pas interdit durant la grossesse. Certains sports, comme la marche à pied ou la natation, sont même recommandés. Ils vous permettent de mieux contrôler votre prise de poids et ont un effet bénéfique sur votre circulation sanguine et votre bien-être général.

Mais, faites attention à ne pas dépasser vos limites. Si vous n'étiez pas très sportive avant la grossesse, ce n'est pas le bon moment pour faire des excès. Il y a bien d'autres façons de faire de l'exercice : yoga, gymnastique douce...


Bibliographie

  1. David Ufberg et Sarah Jordan. Mode d'emploi de ma grossesse. Marabout 2008.
  2. François Haab : L'incontinence urinaire en questions. Datebe, 2004.
  3. Linda Cardozo, Philip Toozs-Hobson : Comprendre l'incontinence. Les publications Modus Vivendi, 2008.


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